Schehadé (Georges). Dans le sommeil d’une petite fille

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Dans le sommeil d’une petite fille
Il y a la grâce et le mystère d’une aiguille
Et sorti d’un violon
Un jeune homme chasseur qui l’épie
– Ah couvrez bien cet enfant qui dort
Car elle est dehors
Dans les moustaches de la nuit

Poésies, V (1972)

Hugo (Victor). Choses du soir

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Le brouillard est froid, la bruyère est grise ;
Les troupeaux de bœufs vont aux abreuvoirs ;
La lune, sortant des nuages noirs,
Semble une clarté qui vient par surprise.

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
Maître Yvon soufflait dans son biniou.

Un panache gris sort des cheminées ;
Le bûcheron passe avec son fardeau ;
On entend, parmi le bruit des cours d’eau,
Des frémissements de branches traînées.

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
Maître Yvon soufflait dans son biniou.

La faim fait rêver les grands loups moroses ;
La rivière court, le nuage fuit ;
Derrière la vitre où la lampe luit,
Les petits enfants ont des têtes roses.

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
Maître Yvon soufflait dans son biniou.

L’Art d’être grand-père (1877)

Musset (Alfred de). Chanson de Barberine


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Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu’allez-vous faire
Si loin d’ici ?
Voyez-vous pas que la nuit est profonde,
Et que le monde
N’est que souci ?

Vous qui croyez qu’une amour délaissée
De la pensée
S’enfuit ainsi,
Hélas ! hélas ! chercheur de renommée,
Votre fumée
S’envole aussi.

Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu’allez-vous faire
Si loin de nous ?
J’en vais pleurer, moi qui me laissais dire
Que mon sourire
Était si doux.

Poésies nouvelles (1857)

Rimbaud (Arthur). Ma Bohème

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Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

Recueil de Douai (1870)

Desnos (Robert). La Chauve-souris

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À mi-carême, en carnaval,
On met un masque de velours.
Où va le masque après le bal ?
Il vole à la tombée du jour.

Oiseau de poils, oiseau sans plumes.
Il sort, quand l’étoile s’allume,
De son repaire de décombres.
Chauve-souris, masque de l’ombre.

Chantefables et Chantefleurs (1944)


Commentaire
Quand Fantômas se transforme en Batman

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10 questions à 1 point

10 mots pour la dictée
carnaval – met – velours – après – tombée – oiseau – étoile – repaire – décombres – chauve-souris