Toulet (Paul-Jean). En Arles


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Dans Arle, où sont les Aliscams,
Quand l’ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,

Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton cœur trop lourd ;

Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas, si c’est d’amour,
Au bord des tombes

Chansons, I. Romances sans musique, dans Les Contrerimes (1929).


Arles – Pourquoi l’auteur supprime-t-il l’s à la fin du nom d’Arles ? Peut-être (sans doute) parce qu’à l’époque où il écrit, les Arlésiens font entendre encore (mieux ou plus fort qu’aujourd’hui) l’e et l’s à la fin du nom de leur ville, ce qui fait compter à celui-ci 2 syllabes, tandis que le poète a besoin, pour la bonne mesure de son vers octosyllabe, qu’il n’en ait qu’une. Rappelons qu’il était lui-même un homme du midi, portant le béret basque → Wikipédia.

Sa nécropole – Les Alyscamps (Champs Élysées en provençal, cité des morts vertueux dans la mythologie grecque) sont une nécropole, située à Arles, dans le département des Bouches-du-Rhône. Ils datent de l’époque romaine.

Baudelaire (Charles). Harmonie du soir

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Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!

Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir;
Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.

Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir!

Les Fleurs du mal (1857)

Hugo (Victor). Demain, dès l’aube…

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Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Les Contemplations (1856)


Commentaire
Autoportrait du poète en costume de deuil

QCM
10 questions à 1 point

10 mots pour la dictée
blanchit – partirai – longtemps – pensées – entendre – inconnu – descendant – mettrai – bouquet – bruyère