Perrault (Charles). Le Petit Chaperon rouge

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Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu’on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge.

Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait.

Histoires ou Contes du temps passé (1697)

Perrault (Charles). Le Petit Poucet

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Il survint une grosse pluie, qui les perça jusqu’aux os ; ils glissaient à chaque pas, et tombaient dans la boue, d’où ils se relevaient tout crottés, ne sachant que faire de leurs mains.

Le Petit Poucet grimpa au haut d’un arbre, pour voir s’il ne découvrirait rien ; ayant tourné la tête de tous côtés, il vit une petite lueur comme d’une chandelle, mais qui était bien loin, par delà la forêt. Il descendit de l’arbre, et, lorsqu’il fut à terre, il ne vit plus rien : cela le désola.

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Tardieu (Jean). Conseils donnés par une sorcière


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Retenez-vous de rire
dans le petit matin !

N’écoutez pas les arbres
qui gardent le chemin !

Ne dites votre nom
à la terre endormie
qu’après minuit sonné !

À la neige, à la pluie
ne tendez pas la main !

N’ouvrez votre fenêtre
qu’aux petites planètes
que vous connaissez bien !

Confidence pour confidence :
vous qui venez me consulter,
méfiance, méfiance !
On ne sait pas ce qui peut arriver.

Monsieur monsieur (© Éd. Gallimard, 1951)

Beck (Béatrix). Le hibou boude


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Le hibou boude
Douze ours doux
Douze ours d’où
Font les fous
Tout à coup
Les écureuils
Les bouvreuils
Ouvrent l’œil
Tous les loups lisent
Malgré la bise
Je crois que c’est moi
Le roi sans toit
Le roi des bois
L’empereur des heures
Le maître des êtres
Je crois que je sais
Ce que c’est
Que le bonheur parfait

Rimbaud (Arthur). Ma Bohème


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Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

Recueil de Douai (1870)