Apollinaire (Guillaume). Saltimbanques

Dans la plaine les baladins
S’éloignent au long des jardins
Devant l’huis des auberges grises
Par les villages sans églises

Et les enfants s’en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe

Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours des cerceaux dorés
L’ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage


POUR JOUER, POUR APPRENDRE

Ce poème figure dans Alcools, recueil que Guillaume Apollinaire fait paraître à Paris en 1913. Il évoque des tziganes, venus d’Europe centrale, qui se produisaient alors comme artistes de rue. Picasso consacre à ces personnages des tableaux peints dans sa « période rose » (1904-1906). L’Andalou vit alors à Montmartre, et se lie d’amitié avec notre poète qui lui rend de fréquentes visites dans son atelier du Bateau-Lavoir (Place Émile Goudeau, dans le XVIIIe). Les douze vers octosyllabes du texte nous séduisent par la simplicité de leur écriture. Ils nous font partager la tendre sympathie que l’auteur éprouve à l’égard de familles pauvres et vagabondes, qui apportent couleurs et rêves dans nos villages gris.

Moulins à paroles (M@P)
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Un long commentaire (pour les savants)
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