Mauvais tour

Dans la nuit mes pieds
ne trouvaient plus mes sandales
au pied du lit

J’étais assis au bord du lit
devant la fenêtre ouverte sur la cour
et mes pieds
trouvaient mes sandales
jetées de telle sorte qu’ils
ne pouvaient pas s’y glisser
Mes orteils avaient beau faire

J’ai pensé au diable
J’ai pensé que le diable
m’avait joué un tour
Qu’il pouvait être là à rire
dans un coin obscur de la chambre

C’était l’heure où
les premiers goélands jacassent
en volant devant les fenêtres
comme des animaux préhistoriques

Prestiges (§ 19)

L’autre ville

La ville était écrasée de soleil.

Dans le café où je passais mes après-midi
à lire les journaux et jouer aux échecs,
les ampoules électriques restaient allumées.

Puis, le soir, dans la même rue étroite où
les commerçants rentraient leurs marchandises
et baissaient leurs rideaux, nous étions surpris
de retrouver le ciel pâle au-dessus de nos têtes.

Carte postale

La proximité de la montagne
surprenait les voyageurs
descendus à la gare.

Elle apparaissait au bout des rues.
Vous sortiez d’une librairie où
vous aviez trouvé des ouvrages
scientifiques ou des dictionnaires
de langues anciennes

Vos livres empaquetés sous un bras
il suffisait que vous tourniez la tête.

La nuit vous marchiez seul
droit vers la montagne et au sortir de la rue
un grand cerf venait à votre rencontre

Pensais-je encore à toi dans cette ville
Je ne sais plus où je dormais
les habitants étaient rares
un visage un regard derrière une vitre

Drôles de manières

La nuit, je franchissais des murs, je traversais des cours et des jardins. Longtemps je me suis imaginé être seul à le faire. Nelly m’avait rejoint le vendredi par le train. Nous étions à peine sortis une heure, le samedi matin, pour boire un café et acheter les journaux. Le reste du temps, elle avait travaillé à son mémoire, assise en tailleur sur le lit. J’avais fait la cuisine. J’avais réparé une serrure. Le dimanche, il pleuvait. Nous sommes allés au cinéma. Après quoi, je l’ai accompagnée jusqu’à la gare. Nous parlions peu. Les rues étaient désertes quand je suis revenu. La pluie avait cessé. C’est au moment de pousser la porte, j’avais une main appuyée sur la lourde porte en bois quand j’ai tourné la tête. J’ai regardé vers l’impasse à l’angle de laquelle, chaque soir, sont tirées les poubelles. Où ne vont jamais que les junkies et les chats. J’étais attiré par elle. J’ai remis mes clés dans ma poche et j’ai trotté dans le noir. Au bout de la rue, j’ai rencontré un mur. Je m’y suis hissé. En découvrant la cour, éclairée par la lune, j’ai souri. J’ai pensé que je ferais un excellent cambrioleur, mais là n’était pas le sujet. Aller toujours plus loin, nuit après nuit. Apprenant à marcher sur la crête des murs, repérant ici et là telles fenêtres éclairées. Toujours les mêmes. Un veilleur a fini par sortir à sa fenêtre. Il m’avait aperçu, puis un autre. Je les regardais. Ils se sont habitués à moi, comme moi à eux. Ils m’avaient même inventé un nom. Je leur adressais un signe et je poursuivais mon chemin. Arrivé enfin dans les quartiers nord, où sont les ateliers, je quittais les échelles et les toits. Je me laissais glisser sur un trottoir. J’époussetais mes vêtements et me comportais de nouveau comme un passant ordinaire, encore qu’à cette heure de la nuit il s’en trouvât bien peu. Un cabaret restait ouvert. En passant dans la lumière, j’entendais la musique mais sans voir ceux qui en jouaient disposés sur l’estrade, et je sentais le parfum aigre de l’alcool, mais je ne m’arrêtais pas. Le soleil ne tarderait pas à se lever. Il était temps de rentrer.

L’occasion

Cela (la mort de Naomi Musenga) me rappelle une histoire. Je la raconte très vite. Un samedi matin, il est 11:30, je suis dans mon bureau de direction d’une certaine école de Nice. La semaine a été longue, je suis fatigué, ma famille m’attend, j’ai hâte qu’on en finisse. J’entends les enfants descendre dans l’escalier, sortir et passer la grille. Une surveillante entre alors dans mon bureau poussant devant elle un enfant que je n’avais jamais remarqué jusque là, aujourd’hui je ne sais plus son nom, et elle me dit: Il ne veut pas partir. Son père l’attend à la sortie mais il refuse de partir avec lui. Il demande que nous le gardions. L’enfant m’explique qu’il n’a pas vu ce monsieur depuis longtemps, que c’est bien son père, mais que non, à aucun prix il ne veut partir avec lui. Je lui réponds que rien alors ni personne ne l’obligera à le faire. Je l’installe dans mon bureau, je fais prévenir le père que j’ai besoin de temps. Il reste planté, seul, debout devant la grille, à fumer des cigarettes. Et maintenant? J’ai appelé la mère, j’ai parlé avec elle au téléphone, puis avec la police. Après un long moment, la Brigade des mineurs se présente. Force tranquille de 3 ou 4 professionnels jeunes et entraînés. Ils interrogent l’enfant, je ne sais ce que celui-ci leur raconte, ni ne veux le savoir, puis ils font monter le père et il parlent avec lui dans une pièce séparée. Ils reviennent dans mon bureau, et ils me remercient. Ils disent: Vous avez fait ce qu’il fallait. Il est 13:00 ou 13:30, ils repartent avec l’enfant, qu’ils ne remettent donc pas au père. Personne ne m’a jamais rien révélé du fond de cette affaire, je n’ai rien su, il appartenait à ma fonction que je n’en sache rien. Mais l’enfant est revenu à l’école le lundi matin, souriant, rassuré. Et ce monsieur ne s’est jamais plus présenté à la grille.

Cœurs vaillants

Nous sommes arrivés à Nice au début de l’été 1955. Tous les trois en avion. J’avais quatre ans. Juste quelques images de tourisme, d’autobus hitchcockiens sur les routes des corniches, de feux d’artifices sur les plages de la Promenade des Anglais. Avant que Père et Mère décident qu’ils ne repartiront pas, et nous allons habiter dans un logement le moins coûteux qu’ils ont pu trouver, au 104 du boulevard Gambetta. Deux petites pièces et une cuisine équipée d’un poêle en fonte. Pas de salle de bain, le cabinet sur le balcon qui donne sur la cour où poussent un grenadier et une vigne de groseille-raisin, dont une vieille voisine, toute vêtue de noir, comme une sorcière, voudra me faire manger un jour que j’ai la grippe. L’urgence étant que mon père trouve du travail, est-il dit. Et le premier travail qu’il trouve consiste à vendre des cartes postales et des crayons dans la rue. Sur l’avenue de la Victoire qui est la plus fréquentée. Le soir, à son retour, il nous montre la papeterie qu’il transporte dans un cartable et il paraît content. Combien de semaines ou de mois plus tard il trouve à s’employer comme agent d’assurances, cette fois il dispose d’une bicyclette avec laquelle il circule partout dans la ville et dans les villages environnants. Et le soir, il nous raconte ses suées, le soleil sur la route qui grimpe vers Villefranche, ses recherches dans les rues étroites et ombragées des vieux quartiers, les escaliers raides comme des échelles dressées dans le noir, mais des récits qui ne sont pas affligeants. Pas plaintifs. Plutôt comme les épisodes successifs d’une même aventure. Épisodes picaresques, toujours un peu comiques. Façon cinéma italien, ou bandes dessinées. Plus tard je serai ému de reconnaître quelque chose de lui dans le personnage du père de Catherine Certitude, dans le livre éponyme écrit par Patrick Modiano et illustré par Sempé, un petit bonhomme qui se rase devant sa fenêtre ouverte et qui répète, chaque matin, comme le chant d’un coq, le même À nous deux, Madame la vie ! Puis, comme l’argent manquait toujours, Mère a voulu travailler, elle aussi. Ils ont acheté une machine à coudre Singer et ils l’ont installée dans la cuisine. Celle-ci, pourtant étroite, servait aussi de salle de bain, puisque nous nous lavions debout devant l’évier, les pieds dans une bassine, et désormais elle dut servir encore d’atelier de couture. La Singer installée faisait une cabane dans laquelle je me glissais à la rencontre des pieds de Mère posés sur une pédale. Et elle, son visage penché par dessus moi, que je ne voyais pas, contrôlait le glissement de l’étoffe sous l’aiguille. Des fils tombaient entre ses pieds avec lesquels je jouais en attendant qu’elle vienne à bout de la commande. C’étaient des jupes plissées qu’il s’agissait de finir (elle disait, de piquer) et de rapporter dans un atelier situé dans un entresol de la rue Victor Juge, à temps pour qu’une camionnette les transporte à l’aéroport, à temps pour qu’un avion déjà prêt à s’envoler les transporte à Paris. Cela, une fois par semaine, parfois deux. Et, au fur et à mesure que le jour approchait, elle travaillait davantage, ne s’occupant plus guère de nos repas, ne levant plus la tête de sa machine, jusque tard dans la nuit. Jusqu’à cet après-midi où le ciel s’obscurcit, où l’orage s’annonce. L’heure est venue qu’elle livre. Elle ne peut plus reculer. Elle vient juste de finir. Elle a enfilé un manteau, empilé deux ou trois dizaines de jupes sur un seul bras, celles-ci à peine emballées dans du papier transparent, et c’était comme Cendrillon à l’heure de quitter le bal, nous pouvions craindre que la pluie ne s’abatte et transforme ces parures en haillons. Nous courions dans les rues, je trottais derrière elle. Comme chaque fois, elle m’a demandé de l’attendre à l’entrée de l’immeuble, que je voyais comme une caverne dont le noir soudain l’engloutissait, où je craignais de la perdre, mais dont elle ressortit quelques instants plus tard, rayonnante, des billets de banque à la main, et c’est alors seulement que la pluie s’abattit, inondant nos visages qui riaient.

Censure il y a, elle concerne la vaillance. Plus tard mes parents ont été moins pauvres et les choses se sont compliquées entre nous, nous nous sommes éloignés, nous nous adressions des signaux de fumée d’une montagne à l’autre, jusqu’à la fin, mais j’avais connu ce moment de leurs vies où ils montrèrent de la vaillance. J’avais été le témoin et sans doute le dédicataire de cette aventure. Quand ils étaient passés à travers ciel, m’emmenant avec eux, d’une rive à l’autre de la Méditerranée. Quand ils avaient quitté l’Algérie coloniale pour s’établir à Nice. Et du coup il ne me fut guère difficile d’éprouver et de montrer de la vaillance à mon tour quand l’occasion se présenta de le faire. De m’identifier à mon tour au personnage du père dans Catherine Certitude. Si bien que, lorsque notre Jeune Président vante, une soixantaine d’années plus tard, les Premiers de Cordée, il ne me fait pas offense. Je n’imagine pas qu’il ait dans l’esprit seulement ni d’abord les banquiers, comme il semble aujourd’hui convenu de le penser et de s’en offusquer. Je n’imagine pas qu’il fasse référence seulement ni d’abord aux jeunes entrepreneurs intelligents et racés comme lui. J’ai peut-être tort, mais je pense qu’il pense d’abord à mes parents. À ce moment de la vie de mes parents qui m’a constitué. Quelques images seulement dessinées et colorées par Sempé. Père s’élançant en tête, à vendre des cartes postales et des crayons sous les arcades d’un boulevard où les femmes qui défilaient ressemblaient à Grace Kelly et les hommes à Cary Grant, puis Mère prenant le relais avec sa machine à coudre et ses jupes plissées. Nous avons connu un moment d’éblouissement heureux, amusé, les fâcheries et les chagrins ne sont rien après cela. Un moment au moins, nous avons formé une équipe et connu la victoire. Qu’en serait-il aujourd’hui ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Père et Mère n’ont imaginé à aucun moment de pouvoir bénéficier d’une aide pécuniaire délivrée par l’état. Mais ils n’ont jamais imaginé non plus qu’on puisse leur interdire de travailler de quelque façon que ce soit, et de rapporter le salaire de leur travail à la maison, de déposer les billets de banque et les pièces de monnaie le soir même sur la table de la cuisine où nous les considérions debout, un court instant, avant que Mère les répartisse dans des enveloppes. Parce qu’il fallait réserver l’argent du loyer d’abord. Parce que Père ne manquait pas d’envoyer quelque billet plié dans une enveloppe, chaque mois, à sa propre mère qui était restée là-bas. Parce que Pascal, son jeune frère, avait été mobilisé, qu’il était parachutiste dans les Aurès d’où il nous écrivait des lettres que mes deux parents à tour de rôle lisaient à haute voix, et qu’ayant laissé à Alger femme et enfant, il pouvait avoir besoin de notre aide à tout moment, vivant ou mort. Ils épargnaient ce qu’ils pouvaient. Et il leur arrivait de donner. Et il leur arrivait de prêter. Les plus pauvres avaient ainsi le droit de montrer de la vaillance. L’ont-ils encore ? Qui donc travaille obscurément, obstinément à ce qu’ils ne l’aient plus ? Les enfants des familles les plus pauvres avaient droit à ce que leurs parents ouvrent boutique dans les rues de certains arrondissements de Paris, et qu’ils la gardent ouverte tard le soir et le dimanche encore, où ils vendaient des pois chiche secs, de la harissa, de la semoule de blé dur pour le couscous, du thé vert et des pains en forme de galettes piquées de cumin. Combien sont-ils aujourd’hui à bénéficier de ce droit ? À considérer que personne ne leur doit rien que le prix de ses achats, et qu’ils ne doivent rien à personne, qu’une marchandise et des prix honnêtes, et un Merci Monsieur, ou un Merci Madame quand la transaction est conclue ?

Lumières

Il y a quelque chose tout de même sur quoi, à certains moments, nous ne sommes pas loin de nous mettre d’accord et qui est le savoir. Quelque chose sur quoi nous pouvons nous appuyer. Plutôt que sur la nation, la religion, l’argent, la race ou la classe sociale. Dont nous pouvons parler ensemble. Regarder comme un bien. Quelque chose par le passé a nui au savoir, l’a empêché de remplir son rôle, c’est d’être rapporté trop vite et trop exclusivement à l’université. À l’école. Célestin Freinet parlait de savoir scolastique. Nous n’avons pas vu que beaucoup de métiers sont, eux aussi, chargés de savoir. Il a fallu que nous perdions beaucoup de métiers en quelques décennies pour nous apercevoir qu’ils étaient porteurs de savoirs sur lesquels nous pouvions nous appuyer. Si bien que maintenant nous nous montrons plus prudents, nous prenons garde de commettre la même erreur. Denis Roche intitulait certains de ses poèmes Dépôts de savoir & de technique. Descartes a scellé son rapport au savoir, et le nôtre avec lui, en sortant de l’école pour aller regarder du côté des métiers. Il eût fallu que le savoir de la sage femme, de la tricoteuse, du comptable, du mécanicien, du jardinier soit mieux pris en compte pour que le savoir joue son rôle. Serve de référence. Celui de l’astronome ne suffit pas. Pour éviter les guerres, les génocides. Il eût fallu respecter les horlogers-bijoutiers pour éviter la Shoah. Maintenant c’est trop tard. Ils étaient au coin de votre rue. Les soirs d’hiver vous pouviez les voir en blouse blanche, assis derrière la lampe avec la loupe vissée à l’œil. Chacun comme un représentant lointain de Descartes ou Spinoza. Il y avait les employés de banque qui faisaient les comptes avec un crayon dans de grands livres. Il y avait les herboristes. Einstein et Lévy-Strauss n’étaient pas loin. Pierre Boulez non plus. Dieux ladres de nos villes. Il y avait ceux qui inventaient le cinéma. Ceux qui guettaient l’arrivée des extra-terrestres en faisant marcher des postes de radio à gros boutons comme dans les films de Spielberg. Pas question de tourisme alors, pas question de vacances passées sur le sable de plages lointaines, vous ne preniez pas l’avion deux fois dans votre vie. Maintenant nous voyons de jeunes traders abandonner leurs jobs hautement rémunérés pour se faire cuisiniers ou agriculteurs biologiques. On dit, ils disent que c’est l’attrait d’une vie plus simple, plus naturelle qui les guide. On peut penser que c’est aussi l’attrait du savoir, l’idée enfin de s’appuyer sur l’étude et les progrès dans l’étude pour donner sens à sa vie.

Lévitation

Découvert sur Instagram les courtes vidéos de Stephen Kidd pour JIL SANDER. Pas de son, quelques secondes seulement d’un visage, d’une boucle d’oreille, d’un col de vêtement autour de quoi la caméra se love. De très près. Image nette puis floue à la seconde d’après. Avec, au centre, l’écriture de la marque en caractères blancs, et au-dessous, en blanc aussi, la mention : FALL / WINTER 2018 SHOW, MILAN, ITALY. Sur la vidéo qui m’a arrêté la nuit dernière [+], le modèle est Maeva Marshall, reconnaissable à ses taches de rousseur. Le calme et le luxe. Indissociés. Toute la journée de dimanche, il avait fait chaud et j’avais trouvé le même calme dans la lecture de L’épave d’Yves Ravey. Où la scène est celle d’une casse de voitures. Où les personnages se soutirent des sous. Mais où le lecteur se satisfait de la même clôture formelle, de la même perfection lente, chargée d’humanité, du même suspens. Les œuvres d’art sont en lévitation.

Hiver tardif

La fenêtre de la chambre était entrouverte sur un vaste jardin étouffé par la neige.

La neige dans la nuit était noire, sauf en de rares endroits où un lampadaire illuminait une branche d’arbre, un peu du gravier d’un chemin. C’était parfois un rayon de lune.

Une rivière traversait le jardin. Trois enfants y déplaçaient de grosses pierres rondes, je me demandais s’ils n’étaient pas aveugles, ils s’activaient sans rire mais sans effort non plus.

Nous savions que le jardin était désert, sauf ces enfants, si je ne les rêvais pas. Et sauf un gardien qui parcourait les sentiers avec son képi sur la tête et, à la main, un bâton de gendarme.

L’hôtel où nous dormions était désert lui aussi. Ce n’était pas un hôtel. Plutôt un petit château à courtes ailes, un pavillon de chasse, une folie qui, du temps du communisme, avait servi à accueillir les hôtes étrangers.

Nous dormions là, la cheminée éteinte, nous avions chaud. Après minuit, nous n’avons plus dormi, nous écoutions le neige qui glissait parfois d’une branche d’arbre sur le gravier du chemin. Nous écoutions l’eau de la rivière qui n’avait pas gelé, les pas d’un écureuil.