Perrault (Charles). Cendrillon

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Le Fils du roi, qu’on alla avertir qu’il venait d’arriver une grande Princesse qu’on ne connaissait point, courut la recevoir. Il lui donna la main à la descente du carrosse, et la mena dans la salle où était la compagnie. Il se fit alors un grand silence. On cessa de danser et les violons ne jouèrent plus, tant on était attentif à contempler les grandes beautés de cette inconnue. On n’entendait qu’un bruit confus: «Ah! qu’elle est belle!» Le Roi même, tout vieux qu’il était, ne laissait pas de la regarder, et de dire tout bas à la reine qu’il y avait longtemps qu’il n’avait vu une si belle et si aimable personne.

Histoires ou contes du temps passé (1697)

Yeats (William Butler). The Fiddler of Dooney

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Version chantée par Sean Doyle

When I play on my fiddle in Dooney,
Folk dance like a wave of the sea;
My cousin is priest in Kilvarnet,
My brother in Moharabuiee.

I passed my brother and cousin:
They read in their books of prayer;
I read in my book of songs
I bought at the Sligo fair.

When we come at the end of time,
To Peter sitting in state,
He will smile on the three old spirits,
But call me first through the gate;

For the good are always the merry,
Save by an evil chance,
And the merry love the fiddle
And the merry love to dance:

And when the folk there spy me,
They will all come up to me,
With ‘Here is the fiddler of Dooney!’
And dance like a wave of the sea.

The Wind Among the Reeds (1899)

En français

Quand je joue de mon violon à Dooney,
Les gens dansent comme une vague de la mer;
Mon cousin est prêtre à Kilvarnet,
Mon frère à Mocharabuiee.

J’ai croisé mon frère et mon cousin:
Ils lisaient dans leurs livres de prières;
Je lisais dans mon livre de chansons
Que j’ai acheté à la foire de Sligo.

Quand nous arriverons à la fin des temps
Devant Saint-Pierre assis en majesté,
Celui-ci sourira aux trois vieux esprits,
Mais c’est moi qu’il appellera le premier à franchir la porte.

Car le bon est toujours le joyeux,
À moins d’un hasard diabolique,
Et le joyeux aime le violon,
Et le joyeux aime la danse:

Et quand les gens me verront,
Ils viendront tous à ma rencontre
En disant « Voici le violoneux de Dooney! »
Et ils danseront comme une vague de la mer.

Version italienne chantée par Angelo Branduardi, 1986

Come le onde del mare, come le onde del mare
balla la gente quando suono il mio violino.
Mio cugino è prete a Kilvarnet,
mio fratello è prete a Mocharabuiee.

Ma io ho fatto più di mio fratello e mio cugino:
leggono nei libri di preghiere,
io leggo nei miei libri di canzoni
che ho comperato alla fiera di Sligo.

Quando alla fine dei tempi
noi ci presenteremo a Pietro,
andremo da lui seduto in maestà,
allora lui sorriderà ai nostri tre vecchi spiriti,
ma chiamerà me per primo oltre il cancello.

Perchè sempre allegri sono i buoni,
salvo che per cattiva sorte,
e la gente allegra ama il violino,
la gente allegra ama ballare.

Quando mi vedono arrivare,
corrono da me tutti gridando:
« Ecco il violinista di Dooney! »
Vengono a ballare come le onde del mare.

Schehadé (Georges). Dans le sommeil d’une petite fille

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Dans le sommeil d’une petite fille
Il y a la grâce et le mystère d’une aiguille
Et sorti d’un violon
Un jeune homme chasseur qui l’épie
– Ah couvrez bien cet enfant qui dort
Car elle est dehors
Dans les moustaches de la nuit

Poésies, V (1972)

Hugo (Victor). Choses du soir

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Le brouillard est froid, la bruyère est grise ;
Les troupeaux de bœufs vont aux abreuvoirs ;
La lune, sortant des nuages noirs,
Semble une clarté qui vient par surprise.

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
Maître Yvon soufflait dans son biniou.

Un panache gris sort des cheminées ;
Le bûcheron passe avec son fardeau ;
On entend, parmi le bruit des cours d’eau,
Des frémissements de branches traînées.

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
Maître Yvon soufflait dans son biniou.

La faim fait rêver les grands loups moroses ;
La rivière court, le nuage fuit ;
Derrière la vitre où la lampe luit,
Les petits enfants ont des têtes roses.

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
Maître Yvon soufflait dans son biniou.

L’Art d’être grand-père (1877)

Tardieu (Jean). Conseils donnés par une sorcière

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Retenez-vous de rire
dans le petit matin !

N’écoutez pas les arbres
qui gardent le chemin !

Ne dites votre nom
à la terre endormie
qu’après minuit sonné !

À la neige, à la pluie
ne tendez pas la main !

N’ouvrez votre fenêtre
qu’aux petites planètes
que vous connaissez bien !

Confidence pour confidence :
vous qui venez me consulter,
méfiance, méfiance !
On ne sait pas ce qui peut arriver.

Monsieur monsieur (© Éd. Gallimard, 1951)

Jacob (Max). Je te donne…

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Je te donne pour ta fête
Un chapeau noisette
Un petit sac en satin
Pour le tenir à la main
Un parasol en soie blanche
Avec des glands sur le manche
Un habit doré sur tranche
Des souliers couleur orange
Ne les mets que le dimanche
Un collier des bijoux
Tiou !

« Pour les enfants et pour les raffinés. » Les Œuvres Burlesques et Mystiques de Frère Matorel, Mort au Couvent (1912)

Apollinaire (Guillaume). La Blanche neige

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Les anges les anges dans le ciel
L’un est vêtu en officier
L’un est vêtu en cuisinier
Et les autres chantent

Bel officier couleur du ciel
Le doux printemps longtemps après Noël
Te médaillera d’un beau soleil
D’un beau soleil

Le cuisinier plume les oies
Ah! tombe neige
Tombe et que n’ai-je
Ma bien-aimée entre mes bras

Alcools (1913)

Beck (Béatrix). Le hibou boude

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Le hibou boude
Douze ours doux
Douze ours d’où
Font les fous
Tout à coup
Les écureuils
Les bouvreuils
Ouvrent l’œil
Tous les loups lisent
Malgré la bise
Je crois que c’est moi
Le roi sans toit
Le roi des bois
L’empereur des heures
Le maître des êtres
Je crois que je sais
Ce que c’est
Que le bonheur parfait