Évaluer les Moulins à paroles (M@P)

Notre atelier pédagogique propose, pour l’apprentissage de la lecture-écriture en français, des outils et des méthodes dont la particularité première est de s’adresser à des publics de tous âges, réunis dans des cadres différents.

Nous avons aujourd’hui besoin d’évaluer la pertinence de ces propositions. Nous avons mis en place certaines procédures qui nous fournissent (ici et ici) des chiffres encourageants. Mais nous devons aller plus loin.

L’intérêt des « Moulins à paroles » (M@P) et de la méthode Syllabons doit pouvoir se mesurer selon deux axes.

Le premier est celui du bénéfice pédagogique, à savoir dans quelle mesure la démarche initiée permet aux élèves de progresser dans leurs apprentissages.

Le second est d’ordre sociologique. Il concerne la pluralités des acteurs engagés, du côté des apprenants mais aussi du côté des mentors. Il s’agit alors de savoir dans quelle mesure les procédures mises en œuvre permettent de faire de l’apprentissage de la lecture-écriture en français l’affaire, non plus seulement de l’école mais d’un « territoire apprenant ». C’est-à-dire de tous.

Pour mettre en place cette double évaluation, nous avons besoin de concours extérieurs à notre équipe.

Vous êtes étudiant, professeur, chercheur, orthophoniste, animateur d’un lieu d’accueil, vous utilisez nos outils, vous êtes intéressé par eux. Merci de prendre Contact →

Pour l’apprentissage du français : Pétition

Y a-t-il une seule chose au monde sur laquelle nous soyons d’accord ? J’en doute. Ne me parlez pas des corridas, ne me parlez pas de Che Guevara, et encore moins de Marcel Aymé ? Il est probable que nous ne nous entendrons pas. Que nous ne serons jamais d’accord. Sauf sur un point. Qu’il vaut mieux apprendre, qu’il vaut mieux savoir. Que le savoir toujours vaut mieux que l’ignorance. Qu’une phrase clairement construite vaut mieux qu’un propos confus. Dans la mesure où, à tout le moins, elle permet de répondre Oui, quand c’est oui, et Non, quand c’est non. Que l’on soit un vieux monsieur à barbe blanche ou une jeune fille. Il n’existe qu’un seul droit, celui de comprendre ce qu’on nous dit et d’y répondre de manière à être compris. Vous pensez que les migrants devraient être mieux accueillis. Vous pensez plutôt qu’ils ne devraient pas être obligés de fuir le pays où ils sont nés et où ils laissent leurs familles. Quoi qu’il en soit, une fois qu’ils sont chez nous, et pour le temps qu’ils seront chez nous, nous devons faire en sorte qu’ils apprennent la langue. S’ils restent, ils élèveront leurs enfants dans l’amitié de cette langue. Elle deviendra la leur. S’ils repartent, ils en garderont quelques paroles au moins sur le bout de la langue. Dans l’esprit.

Il y avait bien des années que je n’avais pas signé une pétition. Je l’ai fait aujourd’hui. Et je vous engage à en faire de même en suivant de LIEN →

Syllabons se fait connaître

Mardi dernier (le 09/10), j’étais invité à Draguignan, par Bruno De Cara, pour présenter la méthode Syllabons d’apprentissage de la lecture-écriture en français devant les professeurs d’école, en stage de formation CAPPEI (Certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive): 34 participants et un débat passionnant.

Deux jours plus tard, le jeudi 11, c’est Catherine Moreau, Adjointe au Maire Déléguée à la Politique de la Ville, Conseillère métropolitaine, Conseillère départementale, qui m’invitait à rencontrer les représentants des bibliothèques et du monde associatif. En plus de la méthode, nous leur présentions le programme de formation reconnue par Open Badges qui débutera bientôt, pris en charge par l’Institut d’Études Supérieures des Travailleurs Sociaux. Cécile Formeau, de l’IESTS, défendait à son tour ce dispositif de reconnaissance informelle, destiné à venir en aide à ceux qui ont été écartés des diplômes et de l’emploi, mais qui est utilisé aussi dans de très savantes et très prestigieuses firmes internationales (on a cité IBM). Cette fois, les participants étaient au nombre de 36 et l’on me dit que 20 d’entres eux se sont inscrits pour le stage.

Merci donc à Bruno De Cara, merci à Catherine Moreau et Cécile Formeau. Gandhi disait : « Vous devez être le changement que vous voulez voir dans le monde. » Son esprit était avec nous.

Virgile Luigi ou L’école de l’art

Certains lieux « écoles » et certains lieux « art contemporain » aujourd’hui se ressemblent. Ils parlent la même langue. En visitant l’exposition de Laure Prouvost, l’été dernier, au Palais de Tokyo, je songeais à la très exotique et luxuriante Green School (Bali). Mais je songeais aussi à la classe de Virgile Luigi à l’école de L’Ariane-René Cassin. Trois « installations » très différentes où l’esprit d’enfance s’allie à l’exigence d’explorer, avec humour en même temps que de façon quasi-scientifique, l’environnement naturel, architectural, urbanistique. Chaque année, Virgile entraîne ses élèves de CM1 dans une aventure qui se termine en exposition. Le projet de l’année 2018-2019 est maintenant dans les tuyaux. Pour tout savoir sur le sujet et, surtout, pour contribuer vous-même à sa réalisation, cliquez sur le LIEN →

M@P et Syllabons sur Educlever

Les outils numériques que j’ai conçus pour l’apprentissage de la lecture-écriture en français sont désormais pris en charge par Educlever.com

Une étape importante est ainsi franchie dans l’essaimage des Moulins à paroles (M@P) et de la méthode Syllabons.

Je tiens à saluer les partenaires →, les enseignants, les animateurs associatifs, les étudiants, les amis, qui nous accompagnent, depuis plusieurs années, dans cette expérimentation. Et à remercier Nathalie Colombier, directrice pédagogique d’Educlever, pour la confiance dont elle nous témoigne.

Ce matériel pédagogique est en cours d’installation. Toutes les étagères ne sont pas encore bien rangées. Du coup, l’éditeur offre des accès gratuits. Profitez-en en vous inscrivant sous ce Lien →

Question de classe

Mon ami Benoit dirige une galerie d’art. Un jour il me téléphone pour me demander si je connais le lycée professionnel de D., qui est une petite commune de banlieue près de chez nous. Je lui réponds que j’ignorais l’existence de ce lycée. Il m’apprend que c’est un établissement qui ouvre ses portes et qui propose une section de design industriel dans laquelle sa fille Éléonore demande à être admise. Je connais Éléonore, que j’ai rencontrée quelquefois dans la galerie de son père où elle collabore avec goût à toutes sortes de tâches. C’est une jeune fille lumineuse, qui a beaucoup voyagé et qui est évidemment faite pour réussir. Je déclare à Benoit que l’idée me paraît excellente. Au cours de l’été, un message m’apprend qu’Éléonore a bien été reçue. On me précise que toute la famille s’en réjouit. Je félicite mon ami, et je n’y pense plus. Arrive l’automne. Un matin d’octobre, je retourne dans un quartier parmi les plus difficiles de notre banlieue où j’ai mes habitudes. Je dois y rencontrer des enseignants. Comme je me trouve dans une rue déserte, j’aperçois un jeune homme très grand et maigre, vêtu d’un survêtement, les mains gantées de noir, coiffé de l’inévitable capuchon enfoncé jusqu’aux yeux. Le tout lui donnant un air sombre à faire peur. Il se dirige vers moi. Mais soudain son visage s’éclaire. Il me reconnaît. Il sourit et me salue par mon nom: « Vous vous souvenez, Monsieur, vous veniez au collège nous parler de poésie ? ». Je lui réponds que oui, bien sûr, encore que je ne sois pas certain de le reconnaître. « C’est normal, Monsieur. Mais nous étions toujours contents quand vous veniez lire avec nous… C’était génial ! » Il cite les noms de deux ou trois poètes. Je suis touché, mais que répondre ? Je lui demande : « Tu n’es plus au collège ? » – « J’ai quitté le collège, maintenant je suis au lycée de D. » Son sourire s’élargit. Il paraît fier de ce qu’il m’annonce. Hélas, je me souviens d’avoir entendu parler de cet établissement, si bien que je m’exclame : « Le lycée professionnel de D. ? » Et là, tout de suite, je lis sur le visage de mon interlocuteur l’erreur que j’ai commise. Celui-ci s’attriste. Il est vexé : « Ah non, Monsieur, je ne suis pas au lycée professionnel. J’ai été admis au lycée général… » Je m’excuse, je bredouille. Je m’empresse de lui serrer la main, et je m’éloigne.

De bien jolis mots, à la Villa Luna


+ de photos (Annie Jacomino et Sylvie T.)

La direction du réseau AnimaNice nous a permis de recevoir une quinzaine d’enfants dans les très beaux locaux de la Villa Luna, au 265 de la Promenade des Anglais. Le stage s’intitulait « Jolis mots » et il s’est déroulé chaque matin de la semaine du 9 au 13 juillet. Les moments consacrés aux activités de langage, que je conduisais, alternaient avec ceux dédiés aux activités artistiques, qui étaient dirigés par Sylvie T. J’ai été particulièrement heureux du duo que nous formions, et les enfants nous ont montré qu’ils l’étaient aussi. Si bien que je suis impatient déjà de pouvoir renouveler l’expérience. Je veux remercier celles et ceux qui l’ont permise: Michel Brunetti et Marie Gargiulo, qui nous ont reçus. Sandrine Beaugendre et Sarah Micoud de l’association A.T.E., et bien sûr les enfants eux-mêmes dont l’attention, le vif désir d’apprendre nous ont souvent émus.

Des nombreux échanges que nous avons eus entre adultes, j’en retiens un, que je livre ici sans commentaire… Comme l’a dit une fois le président Georges Pompidou en écho au poète Paul Éluard: « Comprenne qui voudra… »

– Ces deux enfants, la sœur et le frère que je découvre là, écoutent chaque mot que l’on dit. Ils reçoivent notre maigre enseignement comme du pain béni…
– C’est qu’en effet, on leur a promis l’école française depuis l’Afghanistan. Là-bas, les talibans interdisent aux Sikhs de fréquenter l’école. Et c’est pour que leurs enfants puissent aller à l’école que les parents sont partis…

À la MGEN

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Le 27 juin, la MGEN 06 mettait à l’honneur notre association et ses Moulins à paroles (M@P).

La rencontre coïncidait avec la publication du dernier numéro de la revue Initiative Mutualiste qui nous consacrait sa dernière page. Télécharger →.

Merci au président Lionel Le Guen et à Emmanuelle Rudio, la déléguée, pour l’attention qu’ils portent à notre travail, et merci aux adhérentes qui sont venues dialoguer avec nous (l’une arrivant tout droit du Brésil) ! 

La MGEN 06 met à l’honneur Ars legendi et ses Moulins à paroles (M@P)

La section 06 de la MGEN met à l’honneur notre association Ars legendi.

Ce mercredi 27 juin, entre 14:00 et 17:30, je m’installerai à la Section de Nice (39 rue Trachel) avec tout le matériel nécessaire pour vous présenter nos Moulins à paroles (M@P) et notre activité.

Nous pourrons en parler. Nous pourrons nous essayer ensemble aux activités proposées.

Notre but ? Vous rencontrer. Et peut-être convaincre quelques-unes et quelques-uns d’entre vous de rejoindre notre équipe d’animateurs bénévoles.

Grâce aux outils numériques, l’apprentissage de la lecture et de la langue devient l’affaire de tous !

Une mission humanitaire que nous pratiquons comme un jeu.

Soyez au rendez-vous. Et si vous avez des amis que cela intéresse, ne manquez pas de vous faire accompagner.

Un mémoire de recherche

Isabel Semedo a soutenu hier son Mémoire de recherche présenté pour l’obtention du Master 1ère année de Psychologie (spécialisation : Psychologie du développement). Son titre : Effets d’un entraînement au décodage phonologique sur la reconnaissance des mots écrits chez l’apprenti-lecteur de CP.

Le travail de recherche était dirigé par M. Bruno de Cara, Maître de conférences. L’entrainement évoqué est celui que j’ai conduit auprès d’une seule classe d’élèves de CP de l’école du Château, à Nice, entre mars et mai 2018 (merci à Laurence Nettari pour son accueil). La méthode, désignée dans le mémoire comme celle des Moulins à paroles (M@P), est plus précisément celle que je décris ici sous le titre de Syllabons.

Je relève, dans la « Discussion des résultats », que « La méthode utilisée pendant cette étude a mis l’accent sur les relations entre les sons de la langue et les représentations graphiques. L’entrainement a insisté sur le décodage graphophonologique par le biais de marqueurs visuels. Cette procédure s’est révélée fondamentale dans l’acquisition des représentations orthographiques lexicales. À la fin des séances les enfants ont progressé de façon significative dans les épreuves de lecture de syllabes et dans les épreuves de lecture de mots réguliers et irréguliers«  (p. 37).

Le jury a attribué à Isabel Semedo les notes de 15 à l’écrit et 16 à l’oral.

Cette soutenance conclut une année de dialogue avec Bruno de Cara et Isabel Semedo qui m’a permis de préciser les principes de la méthode que je propose, et d’obtenir une première mesure de son efficacité. Le but sera d’expérimenter celle-ci, l’an prochain, à une plus grande échelle.