Drôles de manières

La nuit, je franchissais des murs, je traversais des cours et des jardins. Longtemps je me suis imaginé être seul à le faire. Molly m’avait rejoint le vendredi par le train. Nous étions à peine sortis une heure, le samedi matin, pour boire un café et acheter les journaux. Le reste du temps, elle avait travaillé à sa thèse, assise en tailleur sur le lit, un bloc de papier jaune près d’elle avec un seul crayon. Et une calculatrice. J’avais fait la cuisine. J’avais réparé une serrure. Le dimanche, il pleuvait. Elle a voulu aller au cinéma. Après quoi, je l’ai accompagnée jusqu’à la gare. Nous parlions peu. Les rues étaient désertes quand je suis revenu. La pluie avait cessé. C’est au moment de pousser la porte, j’avais une main appuyée sur la lourde porte en bois quand j’ai tourné la tête. J’ai regardé vers l’impasse à l’angle de laquelle, chaque soir, sont tirées les poubelles. Où ne vont jamais que les junkies et les chats. J’étais attiré par elle. J’ai remis mes clés dans ma poche et j’ai trotté dans le noir. J’ai rencontré un mur. Je m’y suis hissé. En découvrant la cour, du haut du mur, éclairée par la lune, j’ai souri. J’ai pensé que je ferais un excellent cambrioleur, mais là n’était pas le sujet. Aller toujours plus loin, nuit après nuit, vers les faubourgs de la ville. Apprenant à marcher sur la crête des murs, repérant ici et là telles fenêtres éclairées. Toujours les mêmes. Un premier veilleur a fini par sortir à sa fenêtre. Il m’avait aperçu, puis un autre. Je n’ai pas paniqué. Au contraire, cela semblait rentrer dans le scénario. Ils ne distinguaient qu’une silhouette, me dis-je. Plus tard je compris qu’en réalité ils me voyaient aussi bien que je les voyais. Qu’ils m’avaient même inventé un nom. Je leur adressais un signe et je poursuivais mon chemin. Arrivé enfin dans les quartiers populaires, je quittais les échelles et les toits. Je me laissais glisser sur un trottoir. J’époussetais mes vêtements et désormais je pouvais me comporter comme un passant ordinaire, encore qu’à cette heure de la nuit il s’en trouvât bien peu. Un cabaret restait ouvert. En passant dans la lumière, j’entendais la musique mais sans voir les instrumentistes disposés sur l’estrade, et je sentais le parfum aigre de l’alcool, mais je ne m’arrêtais pas. Le soleil ne tarderait pas à se lever. Je pouvais rentrer chez moi.

→ Autres récits (§ 24)

La querelle des méthodes

Jean-Michel Blanquer, ministre des écoles, recommande une méthode résolument syllabique d’apprentissage de la lecture. Roland Goigoux, expert reconnu, réfute le principe d’une méthode officielle, et tout particulièrement de celle-ci, arguant que la communauté scientifique serait favorable plutôt à des méthodes mixtes, comme celles aujourd’hui pratiquées dans presque toutes les écoles, et ajoutant qu’il n’est pas du tout certain que le choix de la méthode soit un facteur décisif pour la réussite des élèves. Les deux s’accordent sur un point : que les résultats aujourd’hui obtenus sont médiocres.

Les deux semblent s’accorder sur un autre point encore, dans la mesure où ils ne l’évoquent pas : celui de savoir ce qu’est une méthode d’apprentissage de la lecture, et surtout quel est son but. Et c’est peut-être sur cette fausse évidence qu’il convient de revenir.

Si par méthode nous entendons un programme d’activités au gré duquel l’élève va acquérir une habileté, en effet nous n’en manquons pas. Les éditeurs d’ouvrages pédagogiques publient chaque année de nouveaux manuels. Mais si nous nous demandons sur quel arrière-plan théorique reposent ces méthodes, alors nous sommes obligés de constater que nous n’en savons rien. Que, jusqu’à présent au moins, personne (ou presque) n’a semblé trop soucieux de le concevoir ni de nous l’expliquer.

L’enfant qui apprend à lire est confronté aux aspects oraux et écrits de la langue. Le but, bien sûr, est qu’il devienne capable de traduire les uns dans les autres. Mais peut-être ce but serait-il atteint avec moins d’encombres si l’élève pouvait parler des difficultés qu’il rencontre. Si on lui apprenait à les identifier. Si on lui expliquait quelques règles de fonctionnement du système. Si donc on lui enseignait, non seulement des habiletés, mais aussi des notions.

Car l’élève qui apprend à lire-écrire est confronté à un système, et ce système, dans tous ses aspects, est celui de la langue.

Les difficultés auxquelles les élèves et leurs enseignants se heurtent dans les pratiques scolaires trouvent leur cause à l’université. Elles tiennent à ce que la linguistique, a priori, ne s’occupe pas de l’écrit, ce qui signifie que l’étude des systèmes d’écritures des langues naturelles ne fait pas l’objet d’un savoir disciplinaire constitué. Tout se passe comme si un système de traduction oral-écrit aussi complexe que celui du français devait être maîtrisé dans la pratique sans qu’on n’ait rien à en dire. Sans que les élèves ni leurs maîtres ne soient capables de le décrire.

D’un point de vue pratique, il est possible d’affirmer que les méthodes d’apprentissage de la lecture ne manquent pas. D’un point de vue théorique, en revanche, il nous faut admettre que c’est le vide. Si bien que, lorsqu’un cadre théorique se profile, comme celui que proposent aujourd’hui les sciences cognitives emmenées par Stanislas Dehaene, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un ministre des écoles s’en saisisse et veuille en faire profiter le pays.

Si la proposition des sciences cognitives doit être discutée, modulée, balancée, ce ne peut être qu’au nom des sciences du langage. Stanislas Dehaene défend une théorie, sur laquelle il semble possible de fonder une méthode d’apprentissage de la lecture. Quelle autre théorie avons-nous à lui opposer, ou, plus modestement, à faire entrer en dialogue avec la sienne ? Roland Goigoux ne nous le dit pas, et ne semble pas imaginer, ni souhaiter, que quiconque puisse le dire. En quoi, nous pouvons nous demander s’il croit bien en la science.

Et puisqu’il ne le fait pas, il faut que d’autres prennent sur eux de citer enfin le nom de Nina Catach, qui a consacré sa vie à l’étude du système d’écriture français, et dont les travaux publiés, reconnus, sont les seuls sur lesquels il paraît possible d’appuyer aujourd’hui une approche différente.

L’occasion

Cela (la mort de Naomi Musenga) me rappelle une histoire. Je la raconte très vite. Un samedi matin, il est 11:30, je suis dans mon bureau de direction d’une certaine école de Nice. La semaine a été longue, je suis fatigué, ma famille m’attend, j’ai hâte qu’on en finisse. J’entends les enfants descendre dans l’escalier, sortir et passer la grille. Une surveillante entre alors dans mon bureau poussant devant elle un enfant que je n’avais jamais remarqué jusque là, aujourd’hui je ne sais plus son nom, et elle me dit: Il ne veut pas partir. Son père l’attend à la sortie mais il refuse de partir avec lui. Il demande que nous le gardions. L’enfant m’explique qu’il n’a pas vu ce monsieur depuis longtemps, que c’est bien son père, mais que non, à aucun prix il ne veut partir avec lui. Je lui réponds que rien alors ni personne ne l’obligera à le faire. Je l’installe dans mon bureau, je fais prévenir le père que j’ai besoin de temps. Il reste planté, seul, debout devant la grille, à fumer des cigarettes. Et maintenant? J’ai appelé la mère, j’ai parlé avec elle au téléphone, puis avec la police. Après un long moment, la Brigade des mineurs se présente. Force tranquille de 3 ou 4 professionnels jeunes et entraînés. Ils interrogent l’enfant, je ne sais ce que celui-ci leur raconte, ni ne veux le savoir, puis ils font monter le père et il parlent avec lui dans une pièce séparée. Ils reviennent dans mon bureau, et ils me remercient. Ils disent: Vous avez fait ce qu’il fallait. Il est 13:00 ou 13:30, ils repartent avec l’enfant, qu’ils ne remettent donc pas au père. Personne ne m’a jamais rien révélé du fond de cette affaire, je n’ai rien su, il appartenait à ma fonction que je n’en sache rien. Mais l’enfant est revenu à l’école le lundi matin, souriant, rassuré. Et ce monsieur ne s’est jamais plus présenté à la grille.

→ Profitant de la nuit (§ 11)

À propos du pédagogisme et du Blanquer-bashing. Réponse à un collègue

Le pédagogisme existe. On peut trouver même, à ses propositions, beaucoup de mérites. S’il était demeuré un mouvement pédagogique, ce serait le mien. Dans l’esprit de Freinet, de Piaget, de Montessori, il s’agissait de cela. De travailler avec certains dans une certaine direction, d’expérimenter, de faire réseau. Célestin Freinet n’a pas voulu prendre le pouvoir dans l’École, il a bâti la sienne, en dehors de l’École. J’en veux à ceux qui, depuis 50 ans, parlent tout seuls au nom de la communauté enseignante, qui se débrouillent pour empêcher les expérimentations locales, pour étouffer les dissidences. Cet acharnement à penser POUR TOUS est en train de tuer l’école. On ne peut pas préférer l’écriture d’invention à l’étude de la grammaire, et s’étonner que tout le monde ne soit pas d’accord. Le pédagogisme en est arrivé à une forme de radicalité telle que la notion même d’apprentissages est devenue suspecte. Que comptez-vous faire de ceux qui ne partagent pas vos choix? De ceux qui aiment la coopération au sein de la classe, mais ne détestent pas non plus un peu d’émulation, voire de compétition? Vous voulez juste qu’ils se taisent? Qu’ils quittent le pays? Les enfants adorent le jeu et la compétition. C’est grâce au jeu et à une saine compétition que les enfants des familles pauvres peuvent damer le pion à ceux des familles riches. Ne voyez-vous pas que les écoles privées sont surpeuplées, qu’elles inscrivent les élèves 3 ans à l’avance? Il ne resterait plus, si l’ancienne ministre avait gardé son poste, qu’à interdire l’enseignement privé pour que les écoles publiques ne se vident pas. Auriez-vous approuvé cette interdiction? Un pédagogue n’est pas un ministre. Il devrait se penser toujours comme minoritaire, et se réjouir de le rester. Défendons LES ÉCOLES, elles en ont besoin. Dialoguons, d’une école à l’autre. Amusons-nous de ce que les autres font autrement que nous. Disons à nos élèves, Mais oui, va voir là-bas comment les autres font, cela devrait te plaire, puis reviens ici quand tu veux. Invitons-nous d’une école à l’autre. Voyageons.

Cœurs vaillants

Nous sommes arrivés à Nice au début de l’été 1955. Tous les trois en avion. J’avais quatre ans. Juste quelques images de tourisme, d’autobus hitchcockiens sur les routes des corniches, de feux d’artifices sur les plages de la Promenade des Anglais. Avant que Père et Mère décident qu’ils ne repartiront pas, et nous allons habiter dans un logement le moins coûteux qu’ils ont pu trouver, au 104 du boulevard Gambetta. Deux petites pièces et une cuisine équipée d’un poêle en fonte. Pas de salle de bain, le cabinet sur le balcon qui donne sur la cour où poussent un grenadier et une vigne de groseille-raisin, dont une vieille voisine, toute vêtue de noir, comme une sorcière, voudra me faire manger un jour que j’ai la grippe. L’urgence étant que mon père trouve du travail, est-il dit. Et le premier travail qu’il trouve consiste à vendre des cartes postales et des crayons dans la rue. Sur l’avenue de la Victoire qui est la plus fréquentée. Le soir, à son retour, il nous montre la papeterie qu’il transporte dans un cartable et il paraît content. Combien de semaines ou de mois plus tard il trouve à s’employer comme agent d’assurances, cette fois il dispose d’une bicyclette avec laquelle il circule partout dans la ville et dans les villages environnants. Et le soir, il nous raconte ses suées, le soleil sur la route qui grimpe vers Villefranche, ses recherches dans les rues étroites et ombragées des vieux quartiers, les escaliers raides comme des échelles dressées dans le noir, mais des récits qui ne sont pas affligeants. Pas plaintifs. Plutôt comme les épisodes successifs d’une même aventure. Épisodes picaresques, toujours un peu comiques. Façon cinéma italien, ou bandes dessinées. Plus tard je serai ému de reconnaître quelque chose de lui dans le personnage du père de Catherine Certitude, dans le livre éponyme écrit par Patrick Modiano et illustré par Sempé, un petit bonhomme qui se rase devant sa fenêtre ouverte et qui répète, chaque matin, comme le chant d’un coq, le même À nous deux, Madame la vie ! Puis, comme l’argent manquait toujours, Mère a voulu travailler, elle aussi. Ils ont acheté une machine à coudre Singer et ils l’ont installée dans la cuisine. Celle-ci, pourtant étroite, servait aussi de salle de bain, puisque nous nous lavions debout devant l’évier, les pieds dans une bassine, et désormais elle dut servir encore d’atelier de couture. La Singer installée faisait une cabane dans laquelle je me glissais à la rencontre des pieds de Mère posés sur une pédale. Et elle, son visage penché par dessus moi, que je ne voyais pas, contrôlait le glissement de l’étoffe sous l’aiguille. Des fils tombaient entre ses pieds avec lesquels je jouais en attendant qu’elle vienne à bout de la commande. C’étaient des jupes plissées qu’il s’agissait de finir (elle disait, de piquer) et de rapporter dans un atelier situé dans un entresol de la rue Victor Juge, à temps pour qu’une camionnette les transporte à l’aéroport, à temps pour qu’un avion déjà prêt à s’envoler les transporte à Paris. Cela, une fois par semaine, parfois deux. Et, au fur et à mesure que le jour approchait, elle travaillait davantage, ne s’occupant plus guère de nos repas, ne levant plus la tête de sa machine, jusque tard dans la nuit. Jusqu’à cet après-midi où le ciel s’obscurcit, où l’orage s’annonce. L’heure est venue qu’elle livre. Elle ne peut plus reculer. Elle vient juste de finir. Elle a enfilé un manteau, empilé deux ou trois dizaines de jupes sur un seul bras, celles-ci à peine emballées dans du papier transparent, et c’était comme Cendrillon à l’heure de quitter le bal, nous pouvions craindre que la pluie ne s’abatte et transforme ces parures en haillons. Nous courions dans les rues, je trottais derrière elle. Comme chaque fois, elle m’a demandé de l’attendre à l’entrée de l’immeuble, que je voyais comme une caverne dont le noir soudain l’engloutissait, où je craignais de la perdre, mais dont elle ressortit quelques instants plus tard, rayonnante, des billets de banque à la main, et c’est alors seulement que la pluie s’abattit, inondant nos visages qui riaient.

Censure il y a, elle concerne la vaillance. Plus tard mes parents ont été moins pauvres et les choses se sont compliquées entre nous, nous nous sommes éloignés, nous nous adressions des signaux de fumée d’une montagne à l’autre, jusqu’à la fin, mais j’avais connu ce moment de leurs vies où ils montrèrent de la vaillance. J’avais été le témoin et sans doute le dédicataire de cette aventure. Quand ils étaient passés à travers ciel, m’emmenant avec eux, d’une rive à l’autre de la Méditerranée. Quand ils avaient quitté l’Algérie coloniale pour s’établir à Nice. Et du coup il ne me fut guère difficile d’éprouver et de montrer de la vaillance à mon tour quand l’occasion se présenta de le faire. De m’identifier à mon tour au personnage du père dans Catherine Certitude. Si bien que, lorsque notre Jeune Président vante, une soixantaine d’années plus tard, les Premiers de Cordée, il ne me fait pas offense. Je n’imagine pas qu’il ait dans l’esprit seulement ni d’abord les banquiers, comme il semble aujourd’hui convenu de le penser et de s’en offusquer. Je n’imagine pas qu’il fasse référence seulement ni d’abord aux jeunes entrepreneurs intelligents et racés comme lui. J’ai peut-être tort, mais je pense qu’il pense d’abord à mes parents. À ce moment de la vie de mes parents qui m’a constitué. Quelques images seulement dessinées et colorées par Sempé. Père s’élançant en tête, à vendre des cartes postales et des crayons sous les arcades d’un boulevard où les femmes qui défilaient ressemblaient à Grace Kelly et les hommes à Cary Grant, puis Mère prenant le relais avec sa machine à coudre et ses jupes plissées. Nous avons connu un moment d’éblouissement heureux, amusé, les fâcheries et les chagrins ne sont rien après cela. Un moment au moins, nous avons formé une équipe et connu la victoire. Qu’en serait-il aujourd’hui ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Père et Mère n’ont imaginé à aucun moment de pouvoir bénéficier d’une aide pécuniaire délivrée par l’état. Mais ils n’ont jamais imaginé non plus qu’on puisse leur interdire de travailler de quelque façon que ce soit, et de rapporter le salaire de leur travail à la maison, de déposer les billets de banque et les pièces de monnaie le soir même sur la table de la cuisine où nous les considérions debout, un court instant, avant que Mère les répartisse dans des enveloppes. Parce qu’il fallait réserver l’argent du loyer d’abord. Parce que Père ne manquait pas d’envoyer quelque billet plié dans une enveloppe, chaque mois, à sa propre mère qui était restée là-bas. Parce que Pascal, son jeune frère, avait été mobilisé, qu’il était parachutiste dans les Aurès d’où il nous écrivait des lettres que mes deux parents à tour de rôle lisaient à haute voix, et qu’ayant laissé à Alger femme et enfant, il pouvait avoir besoin de notre aide à tout moment, vivant ou mort. Ils épargnaient ce qu’ils pouvaient. Et il leur arrivait de donner. Et il leur arrivait de prêter. Les plus pauvres avaient ainsi le droit de montrer de la vaillance. L’ont-ils encore ? Qui donc travaille obscurément, obstinément à ce qu’ils ne l’aient plus ? Les enfants des familles les plus pauvres avaient droit à ce que leurs parents ouvrent boutique dans les rues de certains arrondissements de Paris, et qu’ils la gardent ouverte tard le soir et le dimanche encore, où ils vendaient des pois chiche secs, de la harissa, de la semoule de blé dur pour le couscous, du thé vert et des pains en forme de galettes piquées de cumin. Combien sont-ils aujourd’hui à bénéficier de ce droit ? À considérer que personne ne leur doit rien que le prix de ses achats, et qu’ils ne doivent rien à personne, qu’une marchandise et des prix honnêtes, et un Merci Monsieur, ou un Merci Madame quand la transaction est conclue ?

→ Profitant de la nuit (§ 10)

La mère des batailles linguistiques

Nous en sommes au moment du combat historique entre, à ma droite, les cogniticiens qui veulent enseigner à lire sans rien savoir de la langue, et, à ma gauche, les pédagogistes alliés aux littéraires qui, eux, veulent enseigner à écrire sans rien savoir de la langue. Entre les deux, les migrants peuvent attendre. Et l’anglo-américain utilitaire a un bel avenir.