Arrière-plan théorique

L’utilisation des Moulins à paroles (M@P) est si simple qu’elle risque d’apparaitre à beaucoup d’observateurs, quand ils les voient tourner, efficace sans doute mais triviale. En même temps, les attendus anthropologiques et linguistiques qui sous-tendent leur conception, ou qui en aval la justifieraient, sont tellement contraires aux conceptions généralement admises de la langue et de son apprentissage, que je n’ai jamais su par quel bout les défendre. Par chance, je les trouve énoncés chez Sylvain Auroux, dans un ouvrage au moins de cet auteur, écrit avec une économie digne de l’exemple de Condillac, auquel il se réfère, et qui est disponible en format numérique (18,99 € sur Amazon). C’est La raison, le langage et les normes, publié par les PUF en 1998. Le cœur du propos consiste à réfuter le « préjugé selon lequel il faut distinguer entre la mémoire et l’intelligence, ou encore que la mémoire n’est pas une forme de l’intelligence ». L’enseignement académique est bâti sur ce préjugé. L’innovation pédagogique (ce qu’on appelle « pédagosime »), dans la plupart des cas, ne fait que le renforcer.

À propos de cjacominoDocteur en sciences du langage. Directeur de l'association Ars legendi

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