Pauvre Rutebeuf

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Version chantée par Joan Baez

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

Avec le temps qu’arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n’aille à terre
Avec pauvreté qui m’atterre
Qui de partout me fait la guerre
Au temps d’hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m’était à venir
M’est avenu

Pauvre sens et pauvre mémoire
M’a Dieu donné le Roi de gloire
Et pauvre rente
Et froid au cul quand bise vente
Le vent me vient le vent m’évente
L’amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

L’espérance de lendemain
Ce sont mes fêtes


Rutebeuf est un poète du Moyen Âge (XIIIe siècle) dont Léo Ferré sélectionne, récrit et redistribue une poignée de vers pour en faire une chanson. Celle-ci, qu’il enregistre en 1956, sera reprise par de nombreux interprètes. Joan Baez la chante dans un album de 1965, Farewell, Angelina, où le français se fait entendre en écho aux titres de Bob Dylan, Woody Guthrie, Pete Seeger.

Les illustrations de ce M@P résultent du collage de photos d’Eugène Atget (1857-1927) et d’œuvres de Liang Kai, peintre chinois du XIIIe siècle.

À propos de cjacominoDocteur en sciences du langage. Directeur de l'association Ars legendi

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