Paul Bocuse et l’institutrice

Paul Bocuse est mort. Je me souviens qu’il m’arrivait de songer: « Comment se fait-il que nous n’ayons pas un maître d’école, en France, aussi célèbre que Paul Bocuse? Ce que font les instituteurs est difficile et à coup sûr aussi important que ce que réalise ce sympathique personnage dans sa cuisine, ou tel chef d’orchestre devant ses musiciens. » Et aujourd’hui encore, j’aime imaginer une vieille dame savante et précise qui, ayant enseigné toute sa vie à lire à des enfants, se verrait distinguée du titre de Trésor humain vivant. Hélas, même au Japon où le concept a été inventé, les maîtres d’école n’y sont pas admis. Un oubli, une négligence qu’on finira pourtant par corriger dans les années qui viennent, quand la crainte que les anciens savoir-faire se perdent touchera les couches sociales les plus huppées. Car à quoi bon offrir à ses enfants des vacances de riches si, quand ils retournent à l’école, personne n’est plus capable de leur enseigner la grammaire comme cette « chanson douce » dont parle Érik Orsenna?

À propos de cjacominoDocteur en sciences du langage. Directeur de l'association Ars legendi

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